La présidente de la commission d'enquête sur l'inceste a fait part de sa vive émotion lors d'une audition de mères protectrices organisée ce jeudi à l'Assemblée nationale. "J'ai honte", a confié Maud Petit (Les Démocrates), face aux témoignages éprouvant de mères de victimes d'inceste.
Même au bout de plusieurs mois de travaux de la commission d'enquête sur l'inceste, l'émotion est toujours la même face aux témoignages qui se succèdent. Ce jeudi, les députés de l'instance entendaient le témoignage de cinq mères "protectrices", confrontées à des situations très compliquées pour protéger leur enfant. "Il est très difficile, même en temps que présidente de cette commission engagée depuis plusieurs mois, de reprendre la parole après vos témoignages", a confié Maud Petit (Les Démocrates), d'une voix tremblante.
"Il faut que votre parole porte au-delà des murs de cette institution, pour que les consciences s'ouvrent à ce que vivent ces enfants victimes d'inceste, et à ce que vivent les parents qui tentent de les protéger", a poursuivi la présidente de la commission d'enquête. Avant de dresser ce constat implacable : "Aujourd'hui, j'ai la parfaite conscience que la France n'aime pas ses enfants et c'est terrible pour moi de le dire, j'ai honte." La commission d'enquête connaissait ce jeudi 21 mai sa dernière journée d'audition : elle doit rendre ses conclusions - et ses préconisations - au début du mois de juillet.
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"Le temps législatif est contraint", a néanmoins expliqué Maud Petit aux auditionnées. En effet, à moins d'un an de l'élection présidentielle, il sera difficile voire impossible de mettre à l'ordre du jour du Parlement un grand texte de loi sur la question de l'inceste, comme l'ont demandé les mères protectrices entendues ce jeudi. "Il va falloir qu'on s'organise pour essayer de faire passer quelques mesures fortes", a tout de même déclaré la députée. Le rapport de la commission d'enquête, rédigé par Christian Baptiste (apparenté au groupe des Socialistes), doit être soumis au vote des membres le 1er juillet.