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Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, le 5 juin 2022

Législatives : Marine Le Pen à l'offensive pour tenter de mobiliser son électorat

Actualité
par Raphaël Marchal, le Dimanche 5 juin 2022 à 17:23, mis à jour le Dimanche 5 juin 2022 à 18:12

En meeting dans son fief, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), dimanche 5 juin, Marine Le Pen s'est montrée offensive tant à l'égard d'Emmanuel Macron que de Jean-Luc Mélenchon. Objectif : mobiliser son électorat à une semaine du premier tour des élections législatives. Si ses électeurs de la présidentielle votent pour ses candidats lors du scrutin des 12 et 19 juin, elle estime possible de faire élire entre 100 et 150 députés Rassemblement national. 

"Il est encore temps d'empêcher Emmanuel Macron de disposer de tous les pouvoirs." À une semaine de la fin d'une campagne atone et du premier tour des élections législatives, Marine Le Pen a battu le rappel de ses électeurs lors d'un discours prononcé sur ses terres, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), dimanche 5 juin. Offensive, la cheffe de file du Rassemblement national n'a pas caché son ambition : obtenir entre 100 et 150 députés à l'Assemblée nationale, ce qu'elle juge possible, à condition que l'électorat qui l'a soutenue lors de la présidentielle se mobilise dans des proportions similaires.

Car Marine Le Pen le sait : pour le Rassemblement national, une grande partie du scrutin se jouera sur l'abstention. Il y a cinq ans, alors que sa candidate s'était déjà qualifiée au second tour de l'élection présidentielle, le parti n'avait engrangé que huit élus au Palais-Bourbon. "Nous devons vaincre la malédiction d'un mode de scrutin injuste, qui maintient en place un système vermoulu", a-t-elle déclaré, déplorant l'absence de proportionnelle dans le scrutin législatif. 

Ceux qui prennent la responsabilité de s'abstenir le 12 juin auront jusqu'à la fin de leurs jours miséreux pour déplorer leur indifférence citoyenne.

La députée du Pas-de-Calais, elle-même candidate à sa réélection, a également tenté de convaincre les déçus de la droite et de la gauche. Les électeurs des Républicains ont ainsi été sommés de "prendre acte de l'effacement inexorable de leur parti" ; les nostalgiques de la gauche sociale, priés de délaisser un camp que Marine Le Pen juge gangrené par "l'islamo-gauchisme". Elle a plus largement appeler à "voter utile", sans se "disperser sur des candidatures sympathiques". 

Réquisitoire contre Emmanuel Macron

Tout au long de son discours, Marine Le Pen a déploré le déclin de la France, selon elle, entretenu et accéléré par le président de la République. "Le projet d'Emmanuel Macron, c'est de faire disparaître tout ce qui est Français", a-t-elle lancé à la salle pour mieux fustiger la vision de l'Europe et du monde développée par le chef de l'Etat. La finaliste malheureuse de l'élection présidentielle a également critiqué les annonces de l'exécutif concernant notamment le pouvoir d'achat et l'introduction d'une dose de proportionnelle pour de futures élections législatives. "C'est le banquier qui vous fait vivre dans l'espoir d'un crédit", a-t-elle affirmé dénonçant des promesses qu'elle estime être purement électoralistes. 

Marine Le Pen s'en est également prise à Élisabeth Borne, la Première ministre, selon elle "froide et techno", mais surtout au ministre de l'Éducation nationale, Pap Ndiaye, qu'elle juge "indigéniste et racialiste". Une nomination qui montre d'après elle qu'Emmanuel Macron veut faire "table rase" du système éducatif français. "Son projet d'école du futur consiste à préparer la légalisation du séparatisme scolaire, territorial, communautaire et religieux", a-t-elle estimé. 

Le "naufrage" de la finale de la Ligue des champions

Un peu plus d'une semaine après les incidents qui ont entouré la finale de la Ligue des champions, organisée à Paris, Marine Le Pen a par ailleurs dénoncé les "mensonges d'État" destinés à camoufler la vérité. Pas de "hooligans" anglais en l'occurrence mais, a-t-elle lancé, un "déferlement de hordes de mineurs migrants ultra-violents venus de la porte de la Chapelle", des "razzias perpétrées par des gangs de cités agissant en toute impunité". "Un naufrage, de bout en bout, et une humiliation pour la France", a dit Marine Le Pen. 

"Tout est fait pour cacher l'idée que l'immigration chaotique, anarchique, massive, n'est pas forcément une chance pour la France", a affirmé la leader du Rassemblement national. "L'immigration peut être porteuse de désordre, de violences, de chaos." Elle a également fustigé le "laxisme judiciaire" qui aurait, selon elle, suivi les débordements, constatant le faible nombre d'interpellations et les condamnations prononcées. 

La Nupes, la "coalition burkini"

Dans son discours, Marine Le Pen s'est aussi montrée très offensive à l'égard de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) et de son chef de file, Jean-Luc Mélenchon, ce "vieux sénateur socialiste qui ne veut pas être candidat". "Nous ne sommes pas dupes de [ses] agitations", a-t-elle indiqué, jugeant que voter pour La France insoumise s'apparentait à un vote de "complaisance".

Complaisance envers Emmanuel Macron, d'abord, avec qui elle n'identifie que peu de différences. Complaisance avec les islamistes, ensuite. "Nupes, ce n'est pas une coalition de gauche, mais d'extrême gauche. C'est la coalition burkini, de la submersion, des rodéos urbains. Avec Nupes, vous votez pour la politique des Traoré, des Taha Bouhafs et des Cédric Herrou", a-t-ele estimé. Et de réaffirmer avec force que, selon elle, le RN constitue l'unique force d'opposition au chef de l'Etat.

"La destruction de la Nation"

Face à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qualfiés de "destructeurs de la Nation", Marine Le Pen a vanté les mérites du Rassemblement national, mouvement "bâtisseur", seul à même, considère-t-elle, de lutter contre le déclin de la France. Elle a résumé les principales dispositions que défend son parti : arrêt de l'immigration "ruineuse et corrosive", amélioration de la sécurité, mesures en faveur du pouvoir d'achat des Français.

"Il est urgent d'obtenir la suppression de la TVA sur un panier de 100 produits de première nécessité", a martelé Marine Le Pen, qui a par ailleurs loué la "préférence nationale" qu'elle souhaite mettre en place. Un discours en forme de réquisitoire contre ses adversaires et des idées qui permettront, espère-t-elle, de mobiliser son électorat et essayer d'empêcher Emmanuel Macron d'obtenir la majorité absolue à l'Assemblée nationale.