Les candidats aux élections municipales avaient jusqu'à hier mardi, à 18 heures, pour déposer leur liste de second tour en préfecture. Mais... s'ils changeaient d'avis d'ici à dimanche, pourraient-ils faire marche arrière ? LCP vous dit tout sur les règles électorales en la matière.
Les listes du second tour des élections municipales ont été officiellement déposées en préfecture. Les candidats avaient jusqu'au mardi 17 mars, à 18 heures, pour le faire. Avant cette échéance, ils pouvaient décider de leur stratégie électorale en fonction de leur score et des configurations locales à l'issue du premier tour : reconduire leur liste identique – à condition d'avoir obtenu au moins 10% des voix –, fusionner avec une autre liste - à condition d'avoir atteint au moins 5% -, ou faire le choix de se retirer.
Jusqu'à mardi, les tractations, notamment à gauche, ont donc été nombreuses. Et maintenant ? Une liste officiellement déposée peut-elle être retirée dans les derniers jours de campagne ?
Le code électoral, et son article L247, donne une première réponse. "Aucun retrait volontaire ou remplacement de candidat n'est accepté après le dépôt de la liste", peut-on y lire. Il est également précisé que "les retraits des listes complètes qui interviennent avant l'expiration des délais (...) sont enregistrés", s'ils "comportent la signature de la majorité des candidats de la liste". Comprendre : pas les demandes ultérieures à cette échéance, celle de mardi donc, qui ne pourront pas juridiquement être prises en compte.
Sur le papier donc, les candidats qui ont déposé leur liste dans les délais sont irrémédiablement donnés partants et sur la ligne de départ du second tour des municipales qui se tiendra prochain, le 22 mars.
-> Lire aussi - Municipales: des duels aux quinquangulaires, quelles configurations pour le second tour?
Est-ce à dire qu'il n'y a aucune façon de faire marche arrière ? Non. Dans les faits, un candidat déclaré qui voudrait finalement se retirer pourrait le dire officiellement, appeler à ne pas voter pour lui, voire à voter pour un autre prétendant. Mais sa candidature resterait toujours officiellement enregistrée, et il serait toujours possible de voter pour lui au second tour, malgré les prises de parole médiatiques de l'intéressé.
Se pose ensuite la question des bulletins de vote. Le "mémento à l'usage des candidats" aux élections municipales, en ligne sur le site du ministère de l'Intérieur, consacre un paragraphe à la "possibilité de [les] retirer avant le vote".
On y apprend qu'une "liste peut, à tout moment, demander le retrait de ses bulletins de vote à l'autorité qui les détient". C'est-à-dire "soit à la commission de propagande avant acheminement aux électeurs ; soit auprès du maire, qui charge les présidents de bureaux de vote de s'abstenir de présenter ces bulletins sur la table de décharge le jour du scrutin". Mais là encore, ce ne serait qu'une solution intermédiaire. En effet, voter pour cette liste serait toujours possible et des électeurs ayant, par exemple, reçu un bulletin à domicile pourraient toujours le déposer dans l'urne le jour J.