Que se passera-t-il en cas d'égalité parfaite entre des candidats arrivés en tête au soir du second tour des élections municipales ? Si ce scénario n'est pas fréquent, et paraît très improbable dans les grandes villes, le code électoral a tout prévu pour départager les candidats.
Une égalité parfaite à l'issue du dépouillement. C'est un cas de figure rare, mais qui connaît des précédents. Et ce pas plus tard que dimanche dernier. A Poligné, petite commune d'Ille-et-Vilaine, les deux listes qui s'affrontaient au premier tour des élections municipales ont recueilli chacune 352 bulletins de vote. Un phénomène qui par définition, a plus de chances de s'exercer dans les petites communes, comme à Saint-Pierre-du-Mont dans le Calvados, 72 habitants, où les deux candidats en lice ont, quant à eux, récolté 26 voix chacun. Dans le même département, à Seulline, les deux prétendants à la mairie ont chacun obtenu 338 suffrages.
Si ces trois cas conduisent automatiquement les candidats concernés à concourir lors d'un second tour, que se passera-t-il si la situation se reproduisait dimanche prochain ? Le code électoral a tranché, en disposant qu’en cas d’égalité des voix entre les listes arrivées en tête, les sièges "sont attribués à la liste dont les candidats ont la moyenne d’âge la plus élevée". Ce n'est donc pas l'âge du candidat en tête de liste qui compte, mais bien la moyenne d'âge de l'ensemble des colistiers.
Lire aussi -> Municipales: est-il possible de retirer une liste qui a été déposée ?
Une règle électorale qui évoque un autre précédent, cette fois à l'Assemblée nationale. En juillet 2024, lors des élections aux postes clés du Palais-Bourbon, Charles de Courson (Liot) et Jean-René Cazeneuve (Ensemble pour la République) avaient obtenu le même nombre de suffrages de la part de leurs collègues de la commission des finances lors de la désignation du rapporteur général du budget. Alors âgé de 72 ans, c'est Charles de Courson, né six ans avant Jean-René Cazeneuve, qui avait obtenu le poste, le règlement de l'Assemblée nationale stipulant qu'"en cas d’égalité de suffrages au même tour de scrutin, la préséance appartient au plus âgé".