Nice: Bruno Retailleau provoque une crise avec le bloc central en refusant de soutenir Christian Estrosi

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Bruno Retailleau et Gabriel Attal
Bruno Retailleau et Gabriel Attal.
par Raphaël Marchal, le Mercredi 18 mars 2026 à 13:15, mis à jour le Mercredi 18 mars 2026 à 14:23

Gabriel Attal accuse Bruno Retailleau de "servir de marchepied à l'extrême droite", après que celui-ci a refusé d'apporter son soutien à Christian Estrosi à Nice. Horizons, le parti d'Edouard Philippe, dénonce également une position "inacceptable" alors qu'Eric Ciotti, allié du RN, fait figure de favori avant le second tour. 

C'est une déclaration qui ne passe pas au sein du bloc central. Ce mercredi, sur BFTMV-RMC, Bruno Retailleau, président des Républicains, a refusé d'apporter son soutien au maire sortant de Nice, Christian Estrosi (Horizons), qui affronte au second tour des municipales Eric Ciotti, allié du Rassemblement national et transfuge du parti de droite. L'ancien ministre de l'Intérieur a affirmé laisser le choix aux électeurs "en leur âme et conscience". Avant de déplorer l'ambiance "délétère" de la campagne locale, qui justifie, selon lui, de revenir sur l'accord initialement trouvé avec Horizons à l'échelle nationale.

Bruno Retailleau a certes réitéré sa "condamnation" de la stratégie d'Eric Ciotti (Union des droites pour la République) de s'allier au RN il y a deux ans, mais il aussi accusé Christian Estrosi de mener un "appel à la gauche et au communautarisme" pour tenter de conserver ses fonctions. "Je ne me retrouve pas, ni d'un coté, ni de l'autre", a-t-il conclu, alors que l'actuel maire de Nice se retrouve dans une position défavorable, renforcée par le maintien au second tour de la candidate de gauche, Juliette Chesnel-Le Roux. 

"Marchepied de l'extrême droite"

Sur X, Gabriel Attal a déploré le choix de Bruno Retailleau de ne pas trancher entre Christian Estrosi et Eric Ciotti. La direction de LR sert de "marchepied à l’extrême droite", fustige le secrétaire général de Renaissance, affirmant que les Français se sentent "abandonnés et désespérés par ce jeu politique". Et de prévenir : "Il faudra un moment de clarification."

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Dans un communiqué, Horizons - le parti d'Edouard Philippe - a également dénoncé la position "inacceptable" du patron des Républicains, demandant une "clarification" de la ligne politique du parti de droite. "C’est la dernière d’une longue série d’ambiguïtés des Républicains dans cette ville, et c’est aussi l’ambiguïté la plus grave, à l’heure d’un second tour décisif", peut-on lire dans ce communiqué.

Au sein même de la droite, la stratégie de l'ex-ministre de l'Intérieur, candidat déclaré à la présidentielle, est questionnée. "Nous avons soutenu [Christian Estrosi] au premier tour, nous le soutenons sans ambiguïté au second tour", assure Michel Barnier. L'ex-Premier ministre, qui préside le conseil national de LR, ajoute qu'il apporte un "témoignage personnel de soutien" au maire sortant. 

En refusant de réaffirmer le soutien des Républicains à (...) Christian Estrosi à Nice, insidieusement, Bruno Retailleau apporte son soutien à Eric Ciotti", pointe pour sa part Xavier Bertrand sur X. "Quelle indignité !", cingle-t-il, reprenant une expression qui a fait florès après avoir été prononcée en 2016, dans un tout autre contexte, par Nicolas Sarkozy.

Eric Ciotti, lui, ne s'y est pas trompé. Peu après la déclaration de Bruno Retailleau, le député des Alpes-Maritimes, arrivé largement en tête du premier tour des municipales, a remercié le président des Républicains "d’avoir condamné la campagne délétère de Christian Estrosi et de retirer son soutien au candidat macroniste".