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Olivier Marleix à Biarritz, vendredi 16 septembre 2022

Olivier Marleix (LR) : "Nous occupons une position singulière parmi les oppositions"

Actualité
par Raphaël Marchal, le Vendredi 16 septembre 2022 à 18:10, mis à jour le Vendredi 16 septembre 2022 à 19:23

Lors de leurs journées parlementaires, organisées à Biarritz, députés et sénateurs Les Républicains ont fait le point sur les dossiers de la rentrée et affiché leur volonté de travailler ensemble. Objectif selon le président du groupe LR à l'Assemblée nationale ; "peser intelligemment" sur les textes du gouvernement. 

Durant deux jours, jeudi 15 et vendredi 16 septembre, les parlementaires Les Républicains (députés, sénateurs et députés européens) se sont retrouvés à Biarritz. L'occasion de réfléchir à l'avenir d'une famille politique qui, après avoir souvent présidé et gouverné la France, se retrouve désormais à la croisée des chemins. En clôture des journées parlementaires LR, ce vendredi 16 septembre, Olivier Marleix n'a pas hésité à estimer que le résultat de son parti à la dernière élection présidentielle n'était "digne" de son histoire. 

Pour autant, du fait de la composition des deux Chambres parlementaires, Les Républicains estiment avoir un rôle particulier à jouer dans l'opposition. C'est notamment ce qu'a plaidé le président du groupe LR à l'Assemblée nationale. "Nous occupons une place singulière, car nous avons davantage de capacité à peser" que les autres oppositions, a expliqué Olivier Marleix. De fait, sans majorité absolue à l'Assemblée et alors que la droite est majoritaire au Sénat, le gouvernement a dû trouver des compromis avec les parlementaires LR pour faire aboutir sans encombre les premiers textes de la législature, notamment sur le pouvoir d'achat.

Emmanuel Macron, "un homme jeune avec des idées vieilles" 

Pour autant, pas question d'entretenir une confusion et de passer pour des alliés du chef de l'État. A nouveau, Olivier Marleix s'en est pris à la politique du président de la République, "un homme jeune avec des idées vieilles". "Emmanuel Macron est désemparé face à la situation actuelle. C'est pour cela que ça part dans tous les sens, sans qu'on comprenne quel est le fil conducteur de son action", a-t-il poursuivi. Et le président du groupe LR au Sénat, Bruno Retailleau, de renchérir : "Emmanuel Macron se perd dans la technique, la technocratie."

"Mais nous aussi", a alerté l'élu vendéen, candidat à la présidence du parti, appelant à redéfinir des "marqueurs politiques" pour "redessiner progressivement une silhouette de la droite française auprès des Français". Une étape qui ne se fera pas en un "claquement de doigts", a-t-il prévenu. Telle est donc la ligne de crête sur laquelle les parlementaires LR disent vouloir avancer dans les mois à venir : incarner une opposition constructive, mais pas systématique, tout en tentant de faire infuser leurs idées pour reconquérir leur électorat. "On ne peut pas jouer sur le registre de LFI ou du RN. On ne veut pas bloquer le pays", a justifié Bruno Retailleau. Et Olivier Marleix d'affirmer : "Notre seule boussole, c'est l'intérêt national."

La "nécessaire" réforme des retraites

Cette volonté affichée va rapidement être confrontée à l'examen des premiers textes législatifs de la session parlementaire, début octobre, à commencer par le projet de loi de finances pour 2023. Un budget qu'Olivier Marleix juge déjà dispendieux pour les finances publiques.  

La réforme des retraites, qui pourrait être amorcée lors du projet de loi de finances de la Sécurité sociale, est également attendue de pied ferme par l'état-major LR. La réforme est jugée "nécessaire" par Bruno Retailleau, qui a pointé le risque du "triplement des déficits" et la menace qui pèse sur le pouvoir d'achat des retraités. Le sénateur attend cependant davantage de concertation avec les organisations syndicales. Même tonalité du côté d'Olivier Marleix, qui n'a pas de "problème de fond" avec cette réforme, mais qui fait part d'une interrogation sur ses contours et sur la méthode retenue : "On ne peut pas passer d'une situation où on a procrastiné pendant 3 ans avec Jean-Paul Delevoye [ancien Haut-commissaire aux Retraites] à une situation où tout doit se régler en trois jours devant le Parlement."