Invité de LCP ce lundi 9 février, Sébastien Martin a salué les annonces de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a défendu l'instauration d'une "préférence européenne" pour soutenir les industries de l'UE. "C'est une victoire pour la France", a jugé le ministre délégué chargé de l'Industrie.
"C'était pas gagné d'avance." Invité de "Lundi, c'est politique", ce 9 février, Sébastien Martin s'est réjoui de l'annonce de la Commission européenne de défendre l'instauration d'une "préférence européenne" destinée à défendre les intérêts européens. "C'est un combat de la France", a soutenu le ministre délégué chargé de l'Industrie, à propos de cette mesure qui obligerait les entreprises bénéficiant de fonds publics à acheter des composants fabriqués en Europe.
"L'Europe doit être capable de défendre ses intérêts stratégiques", a plaidé la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans un courrier dévoilé ce lundi, en amont d'un sommet des dirigeants de l'UE sur la compétitivé, qui doit avoir lieu ce jeudi. Défendue de longue date par la France, la "préférence européenne" ne fait toutefois pas consensus au sein de l'UE, certains Etats redoutant de renchérir leurs coûts de production et de pénaliser leurs exportations.
"Dans certaines réunions que je passe avec mes homologues européens, il faut arriver à convaincre du bien-fondé de la préférence européenne ou du Made in Europe", s'est étonné Sébastien Martin, favorable à un tel mécanisme, notamment au vu de la concurrence chinoise et des droits de douane américains. "A un moment, il faut savoir ce qu'on veut. [...] Si on veut avoir une industrie en Europe, il faut qu'on s'applique les mêmes règles que celles que s'appliquent les Américains et les Chinois."
Le ministre délégué chargé de l'Industrie a en revanche marqué son désaccord avec la proposition du haut-commissaire au Plan, Clément Beaune, qui a plaidé ce lundi pour taxer à 30 % les produits chinois. "Il ne faut pas enfermer l'Europe", a argumenté Sébastien Martin.
Dressant un parallèle avec les droits de douane mis en place par Donald Trump, le ministre a jugé que les effets de la mesure n'étaient pas visibles sur l'industrie américaine. "Par contre, on voit tout de suite l'impact sur le pouvoir d'achat des Américains."
Sébastien Martin ne "comprend pas" sa suspension des LR
Suspendu du parti Les Républicains après sa nomination au gouvernement de Sébastien Lecornu, Sébastien Martin a fait part de son incompréhension a posteriori. "A un moment où la France a besoin d'être rassemblée, ce genre de comportements est en décalage total", s'est-il étonné. Avant de fustiger que sa famille politique "ait mis si peu de temps à suspendre des ministres de la République, et qu'elle ne dise absolument rien quand un député européen LR, [Christophe Gomart], va soutenir M. Ciotti, qui est l'obligé de Mme Le Pen". "Je suis abasourdi."