Au Parti socialiste, un Conseil national, sorte de parlement du parti, a été convoqué ce mardi soir pour tenter d'avancer sur une stratégie à moins d'un an de l'élection présidentielle. Le mouvement dirigé par Olivier Faure n'a toujours pas choisi de candidat et est plus divisé que jamais.
Les cadres du Parti socialiste se retrouvent ce mardi soir, en Conseil national, pour essayer d'avancer en vue de l'élection présidentielle de 2027. Objectif : débattre de "la stratégie du PS pour la présidentielle" et trancher la question qui sera soumise au vote des militants le 9 juillet concernant le processus de désignation du candidat.
Plusieurs visions s'affrontent, avec d'un côté le premier secrétaire Olivier Faure, de l'autre ses opposants internes, à savoir le président du groupe à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, et le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol.
Pas sûr qu'une seule ligne se dégage lors du Conseil national, et au final plusieurs scénarios pourraient être proposés aux militants le 9 juillet. On vous explique.
C'est le premier point de désaccord entre les différents courants du PS. Le candidat sera-t-il désigné par les seuls militants socialistes, ceux qui ont leur carte au parti, ou par les sympathisants socialistes ? "Les militants ne sont pas juste là pour tracter ou coller des affiches, ils sont aussi là pour participer aux décisions stratégiques du parti", estime un proche de Boris Vallaud, qui défend une désignation interne. A l'opposé, Olivier Faure souhaite, lui, une primaire ouverte à l'ensemble des Français.
"On peut refaire un truc en huis clos, où personne ne s'approprie cette candidature. On l'a déjà fait, ça a donné Anne Hidalgo", la candidate socialiste à la dernière présidentielle, avec un score de 1,7% des voix, a rétorqué mardi Olivier Faure, arguant qu'une primaire ouverte donne "un élan populaire". "Il y a un accord sur l'idée qu'il faut un départage démocratique" du camp social-démocratique, qui inclut donc le PS et Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, mais "sur des bases qui n'ont pas fait consensus", a résumé le patron socialiste lors d'une conférence de presse de présentation du projet de son parti, adopté la semaine dernière par plus de 80% des militants.
Début juin, pour tenter de faire converger tout le monde, Olivier Faure avait proposé une première désignation, au sein de l'espace socialiste et social-démocrate, d'un candidat qui participerait ensuite à une primaire élargie avec Les Écologistes et le reste de la gauche non-mélenchoniste. Face au refus de ses opposants, il propose toujours une première sélection entre PS et Place publique, mais la participation à la deuxième primaire serait au bon vouloir du vainqueur.
C'est l'autre question qui découle de la première. Combien les votants devront-ils débourser pour choisir leur candidat ? Réponse d'Olivier Faure : 2 euros (pour sa primaire ouverte donc). Le courant de Nicolas Mayer-Rossignol estime pour sa part qu'il faut un tarif plus élevé, "autour de 20 euros". Et ce, afin "d'éviter toute ingérence extérieure", notamment de La France insoumise, explique l'un de ses membres. "Il faut trouver un juste milieu entre 2 et 20 euros", estime un autre, pour qui "c'est important que ce ne soit pas totalement open bar" mais "trouverait dommage de ne pas inclure les sympathisants".
"Un vote censitaire, j’y suis complètement défavorable. Au moment où nous critiquons l’inaction du gouvernement sur le pouvoir d'achat, nous demanderions aux sympathisants socialistes de payer le prix de 20 euros pour choisir leur candidat à l’élection présidentielle ? À qui voulons-nous nous adresser ? Ce n’est pas sérieux", a réagi le premier secrétaire auprès de L'Opinion.
Du côté de Boris Vallaud, on réfute vouloir faire payer 20 euros. Simplement, puisque ce camp soutient un processus de désignation ouvert aux seuls encartés, on explique que ce montant est le prix de l'adhésion au PS. Se posera d'ailleurs la question de la date limite d'adhésion pour pouvoir participer au processus de désignation, qu'il soit ouvert ou non.
Tous semblent s'accorder sur une date, le mois d'octobre, pour organiser cette désignation. En fonction des scénarios retenus, Olivier Faure et Boris Vallaud pourraient être candidats. Raphaël Glucksmann également pour représenter Place publique. Le député socialiste Philippe Brun vient d'annoncer qu'il en sera. Que feront Jérôme Guedj et Karim Bouamrane qui sont également sur la ligne de départ de l'élection présidentielle ?
Reste à savoir si tous les déclarés ou prétendants répondront aux critères pour y participer, notamment s'ils obtiendront le nombre de soutiens nécessaires au sein du Conseil national pour candidater.
"Avant de partir en vacances, il y aura un projet et une méthode", a promis Olivier Faure ce mardi. "Mais il restera la question pendante, comment on rassemble l'espace socialiste et les écologistes ?", a-t-il toutefois ajouté.
En effet, les Écologistes, L'Après (le parti de l'ancienne insoumise Clémentine Autain), Debout (le parti de François Ruffin) et Générations (Benjamin Lucas) ont d'ores et déjà prévenu dans un courrier envoyé ce jour au Parti socialiste, qu'ils ne "soutiendront pas un choix et une candidature qui ne seraient pas issus d'un processus de primaire".