Rapport Lyhanna: la plainte d'août 2025 n'a "pas été traitée comme une procédure prioritaire"

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Lyhanna, Image d'illustration - AFP
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Lundi 22 juin 2026 à 13:50, mis à jour le Lundi 22 juin 2026 à 15:05

La plainte pour viols sur mineure de moins de 15 ans déposée en août 2025 contre Jérôme Barella n'a "pas été traitée comme une procédure prioritaire" dans le Gers, a déclaré le chef de l'Inspection générale de la Justice, Stéphane Noël, qui a pointé ce lundi 22 juin plusieurs "défaillances". Une déclaration faite à l'issue de la remise d'un rapport au gouvernement.

Après avoir remis leur rapport au Premier ministre, Sébastien Lecornu, ce lundi, les chefs de l'inspection de la gendarmerie nationale et de la justice, Jean-Michel Gentil et Stéphane Noël, qui avaient été saisis par le gouvernement le 5 juin à la suite du meurtre de Lyhanna, ont tenu une conférence de presse pour faire le point sur leurs conclusions. "Il ne s'agit pas de stigmatiser, mais d'objectiver, d'analyser et de donner à comprendre", a déclaré le premier d'entre eux. Le rapport va être publié dans les prochaines heures sur le site du ministère de la Justice.

Ce pré-rapport revient sur le traitement de la plainte de Rosa déposée le 18 août 2025 pour viols sur mineure de moins de 15 ans et visant Jérôme Barella. "Les ministres ont demandé à la mission de déterminer la chronologie des actes réalisés dans l'enquête, de déterminer les éventuels dysfonctionnements et d'en identifier les causes", ont indiqué les inspecteurs, qui ont auditionné "toutes les personnes intervenues dans cette procédure", soit une trentaine de personnes, entre le 8 et le 12 juin.

Des manques lors du dessaisissement et à Auch 

Les inspecteurs ont ensuite détaillé les procédures à Toulouse, puis à Auch. Au départ, la plainte d'août 2025 a "été traitée avec célérité et réactivité", ont-ils relevé, soulignant la "qualité de l'enquête initiale" et la "parfaite mise en application des directives nationales". "La mission a noté le traitement adopté, diligent et qualitatif de la plainte", ont-ils poursuivi. Mais c'est après, lors du dessaisissement, que "des points d'amélioration, qui auraient pu être de nature à prévenir les défaillances constatées par la suite", ont été notés.

Ainsi, il n'a pas été "signalé au parquet d'Auch la nature de la procédure et son caractère urgent", tout comme "les antécédents du mis en cause", ont listé les deux hommes lors de la conférence de presse, regrettant qu'il n'y ait pas eu d'"envoi dématérialisé" et qu'un "accompagnement à la hauteur du préjudice subi" n'ait pas non plus été proposé à la victime.

Le rapport objective un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure. Le chef de l'Inspection générale de la Justice, Stéphane Noël

Ensuite, "le rapport objective un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l'arrivée de la procédure au parquet d'Auch", a déclaré le chef de l'Inspection générale de la Justice, Stéphane Noël.

La mission explique que, dans le cas de la plainte concernant Rosa, "sur le ressort judiciaire du département du Gers, la procédure criminelle a été traitée comme une procédure ordinaire, ou tout du moins pas comme une procédure prioritaire". A Auch, "l'enregistrement [...] a été tardif et consécutif à l'appel de la mère de la victime", ont-ils également poursuivi, avant de préciser qu'il n'avait pas été "orienté vers le bon service de gendarmerie".

Un placement en garde à vue de Jérôme Barella a été requis, mais "l'enquête n'a pas été suffisamment dirigée et pas du tout contrôlée, ni par le parquet, ni par la hiérarchie directe du directeur d'enquête de la brigade de gendarmerie de Lectoure", ont également affirmé les inspecteurs. 

Ces derniers ont indiqué qu'un "prochain pré-rapport" intermédiaire sera rendu le 10 juillet, avant le rapport définitif le 5 septembre. 

"La chaîne de protection a failli", écrit Lecornu

Sébastien Lecornu a réagi à ce pré-rapport dans un long message publié sur X. "Dans cette affaire, la chaîne de protection a failli", écrit le Premier ministre. La procédure "a été marquée par une succession d'erreurs, de négligences, d'inactions et de mauvaises décisions, à plusieurs niveaux", poursuit-il, évoquant "les conséquences dramatiques".

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Après avoir indiqué qu'il recevra les familles concernées, le chef du gouvernement affirme que "la vérité et la responsabilité doivent conduire à l'action". Parmi elles : le projet de loi sur la protection de l'enfance qui doit être débattu en juillet à l'Assemblée nationale et qui sera renforcé. "D'autres mesures suivront", assure Sébastien Lecornu, qui conclut : "La protection des enfants ne supporte ni l'inertie, ni les approximations, ni les récupérations politiciennes."