Travail, ordre public, voile des mineures... : à l'occasion de sa "niche parlementaire", la Droite républicaine soigne ses fondamentaux

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Laurent Wauquiez le 25 octobre 2025
Laurent Wauquiez (Droite républicaine) dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le 25 octobre 2025 - LCP
par Soizic BONVARLETMaxence Kagni, le Lundi 12 janvier 2026 à 12:37, mis à jour le Lundi 12 janvier 2026 à 12:40

La journée d'initiative parlementaire réservée au groupe Droite républicaine aura lieu le 22 janvier dans l'hémicycle de l’Assemblée nationale. L'occasion pour les députés présidés par Laurent Wauquiez de mettre en avant leurs fondamentaux, notamment sur plusieurs sujets qu'ils n'entendent pas laisser aux troupes de Marine Le Pen et d'Eric Ciotti. 

"Valeur travail", dénonciation d'un "entrisme islamiste", "présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre"... A l'occasion de sa "niche parlementaire", qui aura lieu jeudi 22 janvier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, le groupe Droite républicaine présidé par Laurent Wauquiez veut marquer ses fondamentaux à l'approche des élections municipales du printemps prochain et alors que la présidentielle de 2027 est déjà dans toutes les têtes. Avant l'hémicycle, les textes présentés par les députés issus des Républicains seront examinés en commission cette semaine. 

La lutte contre l'"idéologie islamiste" revendiquée

De façon significative en terme d'affichage politique, le premier texte inscrit à l'ordre du jour du 22 janvier sera une proposition de résolution européenne visant à "inscrire la mouvance des frères musulmans sur la liste européenne des organisations terroristes". Le texte de la résolution, non contraignant puisque son sujet n'est pas de nature législative, dénonce l'action d'"un réseau idéologique structuré prônant l’instauration d’un ordre politique fondé sur la charia, totalement incompatible avec les principes démocratiques".

Autre texte qui ne devrait pas manquer de susciter de nombreuses passes d'armes avec la gauche de l'hémicycle, celui ayant trait au voilement des mineures. Visant à l'interdire dans l'espace public, une proposition de loi portée par Laurent Wauquiez lui-même se fonde sur le constat, dressé par un rapport consacré à l'influence frériste et rendu public par le ministère de l’intérieur en mai 2025, faisant état d'une "augmentation massive et visible du nombre de petites filles portant le voile".

Le voilement des jeunes filles heurte nos principes les plus fondamentaux. La protection de l’enfant, la liberté de conscience, l’égalité entre les hommes et les femmes. Exposé des motifs de la proposition de loi

Le texte vise à compléter l’article 1er de la loi du 11 octobre 2010 interdisant la dissimulation du visage dans l’espace public, en introduisant l’interdiction pour un parent de contraindre ou d’autoriser sa fille mineure à porter le voile dans l’espace public.

L'ordre public comme priorité

Autre thème cher à la droite, la préservation de la sécurité et l'ordre public. Une proposition de loi présentée par Corentin Le Fur prévoit de "suspendre les droits aux prestations et aux aides publiques pour les personnes reconnues coupables d’exactions lors de rassemblements ou de manifestations". Dans son exposé des motifs, la proposition de loi s'empare des heurts qui ont eu lieu en juin dernier, notamment sur les Champs-Elysées et aux abords du Parc des Princes, après la victoire du PSG en finale de Ligue des Champions. 

"Les casseurs sont venus ternir la fête en s’adonnant à la destruction de biens publics et privés, aux pillages, aux agressions contre les forces de l’ordre, et même aux attaques contre les pompiers ou, en l’occurrence, contre des amoureux du football présents dans la rue pour fêter le sacre du club parisien", déplore le texte, dont l'objet est d'alourdir les sanctions contre ces comportements en instaurant un mécanisme de "casseur payeur" via une suspension temporaire des aides et prestations publiques pour les personnes qui se rendent coupables d’exactions à l'occasion de rassemblements ou de manifestations. 

Les députés Droite républicaine comptent aussi profiter de leur journée d'initiative parlementaire pour revendiquer leur soutien aux forces de l'ordre. Une proposition de loi vise ainsi à "reconnaître une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre dans l'exercice de leurs fonctions". Le texte, qui sera défendu par Eric Pauget, se veut une réponse à "l'évolution inquiétante" des violences à l'égard des gendarmes et des policiers. Une mesure qui devrait recevoir l'assentiment du Rassemblement national ,l'instauration d'une telle présomption de légitime défense étant réclamée de longue date par Marine Le Pen.

Travail le 1er mai et pouvoir d'achat 

A l'ordre du jour du 22 janvier, les députés du groupe de Laurent Wauquiez ont par ailleurs inscrit des textes relatifs au travail et au pouvoir d'achat. Le premier, déjà adopté au Sénat en juillet 2025, vise à permettre à certains secteurs d'activités de pouvoir travailler le 1er mai. Cette proposition de loi, qui cherche à "reconnaître la spécificité de certaines activités" concernerait notamment les boulangers, les fleuristes, ou encore les cinémas. Son objectif est d'offrir un cadre légal à une pratique déjà largement répandue, en excluant les grandes surfaces, et en précisant que les salariés en activité le jour de la fête du travail devront l'être sur la base du volontariat.  

Egalement en relation avec le travail, une autre proposition de loi texte plaide pour un "déblocage exceptionnel de la participation et de l'intéressement en 2026". Le texte prévoit de rendre disponible tout ou partie des avoirs bloqués sur des plans d'épargne entreprise (PEE) ou des plans d'épargne interentreprises (PEI), alors que ces sommes sont en principe inutilisables pendant cinq ans. Un déblocage qui serait limité à 50 000 euros par bénéficiaire.

A noter que le gouvernement a récemment annoncé son intention de rendre "immédiatement" utilisable l'intéressement dans une limite fixée à 2 000 euros net d'impôt, pour les salariés gagnant jusqu'à deux Smic. Lors de la séance des questions au gouvernement du 7 janvier, le ministre des PME, Serge Papin, a en outre évoqué la proposition de loi portée par Sylvie Bonnet (Droite républicaine), enjoignant les députés à "profiter de ce débat parlementaire pour retenir les bons critères, pour que ce dispositif joue pleinement son rôle sans déstabiliser les finances des entreprises".

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Enfin, d'autres textes figurent à l'ordre du jour de la "niche parlementaire" du groupe Droite républicaine, mais semblent avoir peu de chances d'être examinés le 22 janvier car venant assez loin dans le programme de la journée qui sera, comme le prévoit le règlement de l'Assemblée nationale, interrompue à minuit. Parmi ces texte, une proposition de loi "visant à faire assumer à chacun les conséquences de ses actes en permettant la saisie des amendes non payées sur les minimas sociaux", une autre prônant "l'interdiction du maintien dans l’hébergement d’urgence aux immigrés illégaux", ou encore un texte "visant à concilier la continuité du service public de transports avec l’exercice du droit de grève". Une proposition de résolution vise, quant à elle, à "suspendre toute nouvelle création d’instances administratives pour lutter contre le phénomène d’agencification de l’Etat".