L'élu socialiste Arthur Delaporte a écrit au ministre de l'Intérieur pour lui demander d'interdire les banquets du Canon français. Après un reportage de France Inter sur des propos racistes tenus lors d’un banquet à Caen, le parquet a ouvert une enquête. L'entreprise organisatrice est détenue en partie par le milliardaire Pierre-Edouard Stérin.
Le député socialiste Arthur Delaporte veut interdire les banquets du Canon français. L'élu a annoncé ce mardi, lors de la conférence de presse hebdomadaire de son groupe à l'Assemblée nationale, avoir adressé un courrier au ministre de l'Intérieur afin de "lui demander d'interdire les rassemblements ultérieurs" organisés par le Canon français.
Le Canon français est une entreprise d'événementiel qui organise de grands banquets afin de "valoriser le terroir en faisant travailler des artisans locaux". Elle est détenue à 30 % par le milliardaire d'extrême droite Pierre-Edouard Stérin, via un fonds d'investissement, selon l'AFP.
Les repas festifs du Canon français ont récemment été épinglés par un reportage de France inter, selon lequel des participants à un événement organisé à Caen en avril ont tenu des propos racistes et réalisé "des gestes qui s'apparentent à des saluts nazis". Selon l'AFP, le parquet de Caen a ouvert le mercredi 6 mai une enquête pour "propos et comportements racistes, haineux et sexistes", après des signalements effectués par des élus de gauche.
Arthur Delaporte dénonce des repas qui "ont pu attirer des personnes peu recommandables" et estime que le Canon français a "participé à l'alcoolisation massive des participants". "Il me semble de bonne politique d'interdire ce type de rassemblements", a commenté mardi le député socialiste pour justifier l'envoi de sa missive au ministre de l'Intérieur. L'élu dénonce également le "cyberharcèlement" subi par la maire de Quimper, Isabelle Assih, qui a refusé d'accueillir sur sa commune un banquet.
Interrogé mercredi 6 mai lors de la séance des questions au gouvernement au Sénat, le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez avait expliqué qu'en l'état, les préfets ne pouvaient pas interdire les banquets du Canon français. "Il n'y a pas de risques de troubles à l'ordre public quand il y a ce type de manifestation, qu'on aime ou qu'on n'aime pas", a dit le ministre. Laurent Nunez a toutefois assuré qu'il regarderait "de très, très près" les signalements "qui interrogent" par leur caractère raciste et qui ont été reçus "en masse" après le banquet organisé à Caen.
Début mai, le co-fondateur du Canon français Pierre-Alexandre de Boisse a affirmé à l'AFP que les faits, "s'ils ont réellement eu lieu, se sont déroulés des heures après [le] banquet et à plusieurs kilomètres et ne peuvent pas être imputés" à l'entreprise. Selon lui, aucun incident n'a été signalé pendant le banquet organisé à Caen.