Mariages d'étrangers en situation irrégulière: la "niche parlementaire" de l'UDR une nouvelle fois bloquée par la gauche

Actualité
par Maxence Kagni, le Vendredi 26 juin 2026 à 01:04, mis à jour le Vendredi 26 juin 2026 à 01:10

L'Assemblée nationale n'a pas pu examiner, ce jeudi 25 juin, l'ensemble des amendements déposés sur le la proposition de loi visant à "lutter contre les mariages simulés ou arrangés" mis à l'ordre du jour par le groupe UDR, présidé par Éric Ciotti. L'obstruction de la gauche a empêché les débats d'aller à leur terme.

Ce jeudi, la journée s'est achevée comme elle a commencé : entre obstruction, invectives, suspensions de séance et rappels au règlement... Résultat, les députés n'ont pu achever l'examen de la proposition de loi visant à "lutter contre les mariages simulés ou arrangés". 

"C'est le pot de départ de Monsieur Ciotti, qui normalement va rejoindre sa mairie de Nice, moi je suis très fier que nous lui ayons offert une nouvelle défaite, une deuxième défaite sur ce texte raciste et xénophobe", a ironisé en fin de séance le député écologiste Benjamin Lucas-Lundy. 

L'Assemblée nationale examinait ce jeudi, à l'occasion de la "niche parlementaire" du groupe Union des droites pour la République (UDR) la proposition de loi visant à "lutter contre les mariages simulés ou arrangés", venue du Sénat où elle a été adoptée en février 2025. Les députés du groupe présidé par Éric Ciotti avaient déjà tenté de la faire adopter en juin 2025, mais l'obstruction de la gauche avait empêché l'examen du texte d'aller à son terme. À les débats avaient cependant abouti à la suppression de la mesure phare du texte, à savoir l'interdiction totale du mariage pour les étrangers en situation irrégulière.

Éric Ciotti met un terme à la journée

En revenant à la charge, le groupe UDR - allié du RN à l'Assemblée nationale - espérait pouvoir achever l'examen des amendements et faire ainsi adopter les autres mesures prévues par la proposition de loi, mais les groupes de gauche ont une nouvelle fois multiplié les longues défenses d'amendements, les rappels au règlement, ou encore les demandes de suspension de séance... À minuit, il restait plus de 450 amendements à étudier. "Vous êtes, simplement à vous regarder, une caricature, une honte et une tache sur le drapeau français", a dénoncé à l'issue de la soirée Éric Ciotti.

Face à cette guérilla parlementaire, les députés de l'Union des droites pour la République, accompagnés de leurs collègues du Rassemblement national, avaient dans un premier temps décidé de quitter l'hémicycle pour protester. Avant de revenir à la reprise de 15 heures, pour demander au gouvernement d'activer l'article 44 alinéa 2 de la Constitution : celui-ci lui donne la possibilité d'accélérer les débats, en faisant retirer les amendements qui n'ont pas été examinés en commission. 

>> A lire aussi: pourquoi les députés UDR et RN ont quitté l'hémicycle

Mais ni Gérald Darmanin, le ministre de la Justice, ni Jean-Didier Berger, le ministre délégué auprès du ministre de l'Intérieur, n'ont répondu favorablement à cette demande. "Nous avons attendu désespérement un sursaut", a déclaré Éric Ciotti, peu avant l'interruption des débats. 

Et le président du goupe UDR de dénoncer un manque de "courage" du gouvernement, estimant que le Premier ministre était "tenu par l'extrême gauche". Comme un an auparavant, constatant le blocage du texte, le député des Alpes-Maritimes a ensuite choisi de mettre un terme à sa journée de "niche parlementaire" un peu avant l'heure de fin de séance prévue à minuit.