Mort de Quentin : un deuxième collaborateur du député Raphaël Arnault interpellé

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Le député LFI Raphaël Arnault.
Le député LFI Raphaël Arnault.
par Anne-Charlotte Dusseaulx, le Mercredi 18 février 2026 à 19:15, mis à jour le Mercredi 18 février 2026 à 19:27

Un deuxième assistant parlementaire du député Raphaël Arnault (La France insoumise) et un ancien stagiaire de l'élu figurent parmi les onze personnes interpellées dans le cadre de l'enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque à Lyon, ont indiqué ce mercredi 18 février à l'AFP deux sources proches de l'enquête.

Après Jacques-Elie Favrot, un deuxième collaborateur du député Raphaël Arnault (La France insoumise), ainsi qu'un ancien stagiaire de l'élu, ont été interpellés dans le cadre de l'enquête sur la mort de Quentin Deranque à Lyon, ont indiqué ce mercredi 18 février deux sources proches du dossier à l'AFP, confirmant l'information publiée par Le Parisien. Les deux hommes ont été arrêtés mardi soir en Haute-Loire. L'ancien stagiaire est soupçonné d'avoir participé directement aux violences, qui ont eu lieu en marge d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan (LFI) ; le collaborateur parlementaire de l'avoir aidé à se soustraire aux forces de l'ordre.

Pour l'heure, ni La France insoumise, ni Raphaël Arnault n'ont réagi à ces nouvelles interpellations. Mardi, le député de Vaucluse avait annoncé sur X avoir engagé la veille les démarches pour rompre le contrat de Jacques-Elie Favrot. "Une enquête est en cours. Si elle doit déterminer des coupables, ils seront punis et c'est légitime qu'ils le soient", a pour sa part déclaré ce mercredi le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, devant le siège du mouvement, où une alerte à la bombe a entraîné ce jour l'évacuation des lieux (voir l'encadré ci-dessous). 

Appel à exclure Raphaël Arnault du groupe LFI

Pour autant, La France insoumise n'a, jusque-là, aucunement manifesté l'intention d'exclure Raphaël Arnault de son groupe parlementaire. Il n'est "absolument pas question" de l'écarter, a déclaré Manuel Bompard à Franceinfo. Quelques heures plus tôt, la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, avait appelé LFI à "exclure" l'élu de son groupe à l'Assemblée nationale. "Ou tout du moins à l'exclure  temporairement pour marquer cette clarification, pour dire non à la violence", avait-elle déclaré. La veille, dans l'hémicycle du Palais-Bourbon, c'est le Premier ministre, Sébastien Lecornu, qui avait exhorté le mouvement à "faire le ménage dans ses propos, ses idées, et surtout dans ses rangs". 

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L'ancien président de la République François Hollande a, lui aussi, dit le fond de sa pensée ce mercredi sur BFMTV : "Je crois suffisamment grave, sur le plan institutionnel, quand un député a un collaborateur qui est partie prenante – nous verrons à quel niveau – du lynchage, qu’il en tire les conséquences sur le plan personnel. Son parti politique peut aussi l’y inciter, mais il y a une responsabilité personnelle."

"Ne pas inventer des coupables imaginaires"

Sur X, Manuel Bompard a, quant à lui, l'attitude d'un gouvernement "illégitime", déplorant que la porte-parole Maud Bregeon "prétende désormais décider de l’organisation des groupes politiques d’opposition". A la mi-journée, le député a également appelé à "ne pas inventer des coupables imaginaires" et demandé "à une grande partie de la classe politique et médiatique (...) d'arrêter de se livrer à cette instrumentalisation absolument abjecte du drame" de Lyon.  

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Et d'ajouter : "LFI n'a aucune responsabilité dans les actes dramatiques commis jeudi à Lyon, je demande que maintenant ces accusations s'arrêtent".

Ce mercredi, lors des questions au gouvernement au Sénat, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a indiqué "souhaiter" que "toute personne" encourageant à la "violence physique", notamment en raison "des idées", soit condamnée à une peine d'inéligibilité, "pour que jamais des gens d'ultragauche ou d'ultradroite puissent être (...) acceptés" au sein de partis politique, visant directement le député LFI Raphaël Arnault. "Est-il normal qu'un candidat aux élections législatives déjà condamné pour violence, fondateur d'un groupe ultra-gauche fiché S, puisse être éligible et élu ?", a encore interrogé le garde des Sceaux.

Le siège de LFI évacué après une alerte à la bombe

Le siège national de La France insoumise, situé dans le Xe arrondissement à Paris, a été brièvement évacué mercredi à la suite d'une menace à la bombe. "Je demande maintenant que les accusations, s'arrêtent, parce que, comme on l'a vu ce matin et comme on le voit depuis plusieurs jours, ces accusations ont ensuite des conséquences et conduisent un certain nombre de militants extrêmement dangereux à proférer des menaces, des intimidations, des attaques de permanences et de locaux", a déclaré le coordinateur national du parti Manuel Bompard.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs députés LFI ont ensuite publié le message ayant entraîné cette évacuation.

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Prenant la parole devant les médias à l'Assemblée nationale, l'insoumis Eric Coquerel a indiqué avoir personnellement reçu "une lettre de menaces très explicite sur [lui] et [sa] famille". "On est plusieurs", a précisé l'élu de Seine-Saint-Denis. Avant d'accuser : "Les responsables de cette ambiance s'appellent Monsieur Lecornu, Monsieur Darmanin, Madame Bregeon, des députés macronistes, évidemment l'extrême droite (...), mais aussi des gens comme Monsieur Hollande."