Les militants du Parti socialiste voteront le 9 juillet sur les modalités de désignation de leur candidat à l'élection présidentielle. Deux scénarios seront proposés. LCP vous explique.
À dix mois de l'élection présidentielle, les cadres du Parti socialiste, membres du Conseil national, réunis mardi 30 juin au soir, ne sont pas parvenus à se mettre d'accord sur une proposition unique à soumettre au vote des militants concernant la désignation de leur futur candidat. Le jeudi 9 juillet – ce scrutin se déroulera de 17h à 22h, sans vote électronique –, deux scénarios seront donc mis sur la table. Tous deux actent l'organisation d'une primaire de l'arc social-démocrate (avec Place publique de Raphaël Glucksmann), probablement en octobre, mais diffèrent sur les participants et le corps électoral. LCP fait le point.
C'est le scénario défendu par le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, qui est partisan d'une primaire avec Les Écologistes et le reste de la gauche, à l'exception de La France insoumise. Il propose "que la candidature de notre famille politique soit désignée à travers un vote ouvert aux militants du Parti socialiste et de Place publique ainsi qu'à nos sympathisants, moyennant pour ces derniers une participation de 2 euros au scrutin". A ses yeux, cela permettrait à cette candidature d'être "soutenue par une dynamique populaire".
En face, ses opposants, dont le président des députés socialistes Boris Vallaud, souhaitent la désignation d'un candidat "par les militants du Parti socialiste et des organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste". Cela laisse la porte ouverte au leader de Place publique Raphaël Glucksmann, mais aussi à Bernard Cazeneuve, qui a quitté le PS pour fonder La Convention.
Ils envisagent que l'adhésion à ce pôle ou à ces organisations soit "ouverte jusqu'au vote", sans préciser le montant de la contribution qui sera demandée – elle devra être fixée par un "comité inter-parti". Hostiles à une primaire ouverte, les courants de Boris Vallaud et du maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, ajoutent que le candidat désigné œuvrera ensuite au rassemblement avec la gauche hors-LFI pour "construire un programme commun, un accord législatif et un contrat de gouvernement".
"Ce n'est pas un Congrès. C'est une désignation qui doit permettre de rassembler le plus grand nombre en vue de l'élection présidentielle", a argumenté Olivier Faure mardi soir lors du Conseil national, en demandant à ses opposants : "De quoi avez-vous peur ?".
La réponse de Boris Vallaud n'a pas tardé : "Je te retourne la question, est-ce que tu aurais peur des militants socialistes dans les choix qu'ils pourraient faire ?" Le chef de file des députés en a profité pour faire la liste de tous ceux qui sont plus avancés que le PS en vue de la présidentielle : "Les Écologistes ont leur candidate, pas nous. Horizons a son candidat, pas nous. Renaissance, a son candidat, pas nous. Et le RN a le luxe d'en avoir deux !".
En mai 2025, lors du congrès de Nancy, environ 25.000 militants socialistes avaient pris part au vote, sur un corps électoral de 40.000 adhérents.
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