Lors d'une réunion à Matignon, lundi 27 avril au soir, Sébastien Lecornu et les responsables des groupes parlementaires du socle gouvernemental ont parlé méthode. Objectif affiché : éviter les échecs et les reculades qui se sont multipliés récemment.
Avant la pause législative de la semaine dernière, reculades, échecs et coups de théâtre s'étaient enchaînés dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale (on vous le racontait ici), notamment sur plusieurs textes d'initiative parlementaire. En quelques jours, la coalition gouvernementale avait perdu plusieurs votes importants. Alors, ce lundi 27 avril au soir, Sébastien Lecornu a souhaité faire un point sur la méthode en recevant les présidents des groupes du "socle commun" (bloc central et droite) à Matignon.
Selon l'entourage du Premier ministre, tous "ont convenu d'une méthodologie pour les mois à venir". Premièrement, fini les motions de rejet préalable visant à accélérer la procédure, comme cela a été le cas en début de d'examen de la proposition de loi sur l'ouverture de certains commerces le 1er mai, initiée par la Droite républicaine de Laurent Wauquiez, et reprise par le groupe Ensemble pour la République de Gabriel Attal. "C’est contraire à la démocratie parlementaire, une motion de rejet vaut rejet du texte", estime Matignon qui appelle, par ailleurs, à ce que les chefs des groupes échangent davantage avant d'inscrire des propositions de loi dans leurs "niches parlementaires" afin d'éviter "la division" au sein du bloc central.
Concernant les projets de loi, c'est-à-dire les textes d'initiative gouvernementale, Sébastien Lecornu souhaite également que soit mis en place "une concertation" en amont entre les ministres concernés et les groupes parlementaires afin de "préparer l'examen en séance".
Pour éviter des couacs qui peuvent notamment être provoqués par un manque de mobilisation, le gouvernement s'est engagé à inscrire en priorité les projets de loi à l'ordre du jour de l'hémicycle les mardis et mercredis, c'est-à-dire les journées au cours desquelles les députés sont les plus nombreux au Palais-Bourbon ; tandis que les présidents des groupes veilleront à organiser une présence suffisante de leurs troupes.
Une manière d'éviter que ne se reproduise ce qu'il s'est passé sur la réforme de l'assurance chômage. Ce texte, visant à transposer un accord conclu par les partenaires sociaux (hors CGT et CFE-CGC), avait été rejeté le jeudi 16 avril au soir. Déplorant un "problème de mobilisation qui a placé La France insoumise en situation majoritaire", l'entourage du Premier ministre avait alors fait savoir qu'il demandera une deuxième lecture sur le texte.
Les choses ont été dites. Reste à voir si et comment, d'ici à l'été et la pause parlementaire, elles seront appliquées dans les travées de l'Assemblée nationale.