Lors d'une conférence de presse intitulée "pour une loi de séparation de l'argent et de l'État", François Ruffin a présenté, ce jeudi 2 juillet à Paris, ses propositions en matière de probité dans le cadre de sa campagne présidentielle. Il propose notamment une interdiction d'activités de dix ans dans le périmètre de leur ancien portefeuille pour les ministres et la suppression des avantages accordés aux anciens présidents.
François Ruffin l'assure, il n'a "jamais cessé de tracer son sillon et de traiter du fond, loin des polémiques et des réseaux sociaux". Ce jeudi matin, le député de la Somme - qui siège au sein du groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale depuis sa rupture avec La France insoumise en 2024 - a tenu une conférence de presse autour de la publication de son deuxième "cahier de campagne", intitulé "pour une loi de séparation de l'argent et de l'État".
Au cours de cette conférence de presse, le candidat à l'élection présidentielle a réuni une petite dizaine de journalistes dans le 10e arrondissement de Paris, pour présenter ce livret de 60 pages, qui doit lui permettre de clore définitivement le chapitre malheureux de sa bande-dessinée. Il y a quelques semaines, celle-ci lui avait valu d'être accusé par des élus de gauche de reproduire des clichés racistes.
"Ces questionnements n'étaient pas illégitimes, cela a eu des conséquences, cela a créé des interrogations dans les cercles militants mais pas forcément dans les profondeurs du pays", a commenté ce matin la députée écologiste Sophie Taillé-Polian, responsable du programme présidentiel de François Ruffin. L'élue évoque une "campagne orchestrée par une certaine partie de la gauche, très puissante", dont il ne faut "pas surestimer l'impact" et qui "commence à s'estomper".
François Ruffin veut désormais relancer sa campagne autour de thématiques qui font sa "singularité" : la lutte pour la probité en est une, selon le candidat à l'élection présidentielle. "Si ce n'est pas nous qui venons avec un cahier sur la probité pour dire 'regardez on dégringole dans le classement de la lutte contre la corruption', cette parole-là n'existera pas dans la campagne", a-t-il ainsi affirmé ce jeudi.
Le député de la Somme propose notamment de créer une Haute autorité à la probité, d'interdire aux ministres sortants de faire du lobbying, ou du conseil, pendant dix ans dans le périmètre de leur ancien portefeuille, de mettre fin aux "privilèges des anciens présidents", de garantir l'indépendance du parquet, et... de mettre le cabinet de conseil McKinsey "au chômage".
Un angle d'attaque qui lui permet, estime son équipe, de marquer sa différence avec le reste de la classe politique : "Je considère que le mieux placé pour parler de probité - parce que les Français ont confiance en lui, en sa sincérité - c'est François Ruffin", a estimé Sophie Taillé-Polian, déclarant que "la plupart des forces politiques, ou un de leurs membres, ont été mêlés à des affaires".
Et François Ruffin de souhaiter que tout ministre mis en examen "quitte immédiatement le gouvernement". Le député plaide aussi pour que toute personne condamnée pour "les atteintes les plus graves à l'ordre social", comme les délits d'ordre sexuels et les crimes, ainsi que pour un manquement au devoir de probité, ne puisse plus se présenter à une élection.
Ciblant la "loi du silence" qui existe, selon lui, en France sur les questions liées à la corruption, François Ruffin a évoqué le procès qui a abouti à la condamnation de Nicolas Sarkozy dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Une condamnation qui a valu à l'ancien chef de l'État de passer trois semaines en détention à la prison de la Santé.
"Dans son Journal d'un prisonnier, il les remercie tous", lance le député de la Somme, évoquant les noms d'Emmanuel Macron, Gérald Darmanin, Marine Le Pen, Sébastien Chenu, mais aussi... Jean-Luc Mélenchon, avec lequel il a rompu politiquement en 2024, et dont "Nicolas Sarkozy salue 'la bienveillance par le silence'". "La gauche de rupture, la gauche radicale, on la connaît plus vocale...", souligne François Ruffin. "Bizarrement, quand tombent des affaires, c'est le silence", affirme-t-il.
Alors que François Ruffin est toujours candidat à une éventuelle primaire de la gauche, la conférence de presse de ce jeudi a aussi permis au candidat d'ironiser sur les tergiversations du Parti socialiste. Le parti à la rose demandera ce 9 juillet à ses militants de trancher entre deux options stratégiques pour choisir son candidat à l'Élysée : "En attendant que les socialistes répondent à cette question à laquelle personne ne comprend rien, nous on trace notre route", indique Sophie Taillé-Polian.
François Ruffin entend continuer sa campagne sur le terrain, cet été, en multipliant les rencontres lors d'une tournée d'été en plein air. Le député profitera de ses "entretiens d'embauches" pour continuer à recueillir les signatures d'élus nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle. Selon son équipe, une centaine de promesses sur les 500 nécessaires auraient déjà été engrangées. Prochaine étape : une rencontre au camping des Flots bleus, lieu du célèbre film avec Franck Dubosc, en compagnie du réalisateur Fabien Onteniente.