Les adhérents du Parti socialiste se prononcent, ce jeudi 9 juillet, sur la méthode de départage de leur future tête d’affiche pour l'élection présidentielle de l'année prochaine. Ce scrutin interne, qui voit s'opposer les options proposées l'une par le Premier secrétaire, Olivier Faure, l'autre par le président du groupe à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, comporte une importante dimension stratégique pour la gauche.
Un vote sur les modalités... du vote par lequel sera désigné le candidat qui sera soutenu par le Parti socialiste lors de l'élection présidentielle. Tel est en substance l'enjeu du scrutin qui a lieu en ce moment dans les rangs socialistes. À l'occasion d'un vote interne organisé ce jeudi, entre 17 heures et 22 heures, deux options sont soumises aux militants. La première, proposée par le premier secrétaire, Olivier Faure, prévoit une contribution financière à hauteur de 2 euros sans nécessité d'adhérer au parti, soit un corps électoral élargi, pour désigner celui qui pourrait participer à une primaire ouverte aux Écologistes et au reste de la gauche à l'exclusion de La France insoumise.
La seconde option émane du courant lié au maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, et du président du groupe Socialistes à l'Assemblée nationale, Boris Vallaud, et préconise que seuls les adhérents à jour de cotisation puissent se prononcer, et que le gagnant soit chargé de négocier un accord législatif avec ses partenaires.
C'est donc l'avenir de la primaire qui se joue dans ce vote, et dans le même temps la capacité du Parti socialiste, qui compte aujourd'hui 40.000 adhérents, à être representé par un candidat à l'élection présidentielle. Car si ce dernier ne gagnait pas au bout du processus d'une éventuelle primaire ouverte, souhaité notamment par la secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier, le parti à la rose serait, de manière inédite, dénué de représentant dans la course à l'Élysée.
C'est ce que veut éviter Boris Vallaud, quitte à se ranger derrière un candidat, tel Raphaël Glucksmann ou Bernard Cazeneuve, qui sans adhérer au parti, incarne une ligne social-démocrate. Le 27 avril dernier déjà, sur le plateau de LCP, le chef de file des députés socialistes avait plaidé pour le rassemblement de la "gauche non mélenchoniste" au travers d'un candidat commun et de l'élaboration d'un "contrat de législature".
Abandonnez toute forme de conservatisme rassurant. Il y a tout à construire. Les Écologistes, L'Après, Debout et Génération·s
Cette porte qui se fermerait sur une primaire ouverte de la gauche n'est pas sans inquiéter ceux qui y aspirent, parmi lesquels Les Écologistes, L'Après, Debout et Génération·s. Dans une lettre ouverte publiée le 30 juin. ils mettent en garde leurs "chers camarades" socialistes : "Nous ne soutiendrons pas un choix et une candidature qui ne seraient pas issus d'un processus de primaire". Considérant que le PS doit opérer un choix entre "se tourner vers [sa] gauche" ou "retourner à l’hollando-macronisme".
Par ailleurs, au travers du vote de jeudi, c'est aussi l'avenir politique d'Olivier Faure qui se joue. À la tête du Parti socialiste, mais sans majorité en interne, sa position est fragilisée depuis plusieurs mois. Son choix de voter la motion de censure proposée par les Écologistes lundi dernier, contre l'avis de son propre groupe, n'ayant sans doute pas arrangé les choses.